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A. Equilibre dynamique agriculture-biodiversité-tourisme sous différentes contraintes abiotiques (dont le climat) et historiques, et dynamiques des écosystèmes associées.
Positionnement par rapport aux 3 axes majeurs visés par la ZA
Les prairies subalpines sont des écosystèmes qui doivent leur existence et leur forte diversité biologique (végétale, insectes, avifaune) à l’action humaine pluri-séculaire, et en particulier à la gestion pastorale (fertilisation, fauche, pâturage). Ce sont donc par définition des systèmes écologiques en équilibre instable, particulièrement sensibles aux changements des usages, et aux autres changements de l’environnement (climat en particulier). Dans un contexte de réorganisation des espaces de production agricole à l’échelle nationale et européenne, ces agro-écosystèmes ont été l’objet d’une forte dynamique depuis les années 1950, notamment avec l’accentuation des contrastes entre zones utilisées intensivement pour l’agriculture ou le tourisme (en particulier hivernal) et zones peu ou plus utilisées. L’objectif des recherches sur les prairies subalpines du site Oisans est donc de comprendre pour pouvoir les projeter dans le futur, les dynamiques couplées entre agriculture, biodiversité et tourisme, en relation avec le contexte socio-économique local et régional, et avec le climat.
Depuis 1980 le Cemagref analyse la dynamique de communautés végétales soumises à un pâturage bovin et ovin, sur un domaine pastoral d’altitude qui est aussi un domaine skiable (alpages d’Huez et de Villard-Reculas). Aux côtés des préoccupations touchant au fonctionnement des écosystèmes, la question du multi-usage de l’espace est centrale : biodiversité, pastoralisme, pistes de ski (création, damage, canons à neige, revégétalisation), activités touristiques estivales concurrentes sur l’espace (équitation, aéromodélisme, randonnée, VTT,…). Ces usages et ces écosystèmes risquent par ailleurs de subir des évolutions importantes dans un contexte de réchauffement climatique.
Depuis 2003, l’adret de Villar d’Arène fait l’objet d’une étude pluridisciplinaire visant à quantifier les effets de l’utilisation agricole actuelle et passée sur la biodiversité et le fonctionnement biogéochimique, et leurs conséquences sur les services écologiques fournis aux résidents et aux touristes, maintenant et dans un futur incertain (climat, forçages sociétaux). Les mesures sur le terrain cherchent à analyser la dynamique des communautés et leurs mécanismes, et mettre en relation la diversité fonctionnelle végétale avec les cycles de l’azote et de l’eau, sous différentes modalités de gestion actuelle et passée, et selon les variations climatiques (naturelles ou manipulées). Ces mesures alimentent une approche par la modélisation de scénarios intégrés climat-utilisation des terres. Les impacts écologiques sont traduits en termes de services écologiques par un travail avec les résidents de Villar d’Arène et les acteurs régionaux.
Données météorologiques et environnementales
Ecologie des communautés, biogéochimie, sociologie, géographie, agronomie, biochimie.
Laboratoires de recherche
LECA, Cemagref, SAJF, LTHE, LGGE, LEM
Acteurs du territoire
Parc National des Ecrins, Conservatoire Botanique de Gap Charance, Associations Foncières Pastorales d’Huez et de Villar d’Arène, Chambre d’Agriculture des Hautes-Alpes, Fédération des Alpages de l’Isère (FAI), Groupement Pastoral d’Huez-Villard-reculas, Association Gentiana, Conseil Général de l’Isère.
B. Effets des changements climatiques sur la diversité végétale et microbienne, le fonctionnement biogéochimique, et les services écologiques fournis par les pelouses alpines d’altitude.
La problématique générale est celle de la compréhension du fonctionnement biogéochimique des écosystèmes froids et enneigés dans un contexte de réchauffement global. Le projet vise à déterminer quels sont les effets de la topographie et de la durée d’enneigement sur les diversités et le fonctionnement des pelouses alpines. La diversité des traits végétaux et la diversité du compartiment microbien du sol (champignons et bactéries) sont analysées de manière comparative le long de gradients de topographie et au cours de la saison. L’étude fonctionnelle porte principalement sur le cycle biogéochimique du carbone, et notamment les étapes de fixation du CO2 par les canopées, la décomposition des litières et la biominéralisation du carbone récalcitrant. Les perspectives sont d’intégrer spatialement et temporellement les mesures de flux à l’échelle du paysage en recourant à l’imagerie aérienne et satellite et à la modélisation. Le volet de microbiologie environnementale est financé par l’ANR « MICROALPES ».
Ecologie végétale et microbienne, biogéochimie, biogéographie, télédétection.
Laboratoires de recherche
LECA, SAJF, LTHE, CERMAV
Acteurs du territoire
Parc National des Ecrins, Conservatoire Botanique de Gap Charance.