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Site du Vercors

Le plateau du Vercors est un territoire de montagne sous influence de trois régimes climatiques : océanique, continental et méditerranéen. D’un point de vue écologique il abrite plusieurs espèces reliques du climat périglaciaire. D’un point de vue économique, sur le plateau lui-même les deux activités principales sont l’agriculture et la forêt, d’une part, le tourisme, d’autre part. Mais le plateau du Vercors est très lié à son environnement de piémont qu’il irrigue au sens propre comme au sens figuré : c’est un château d’eau karstique et une zone de résidence péri-urbaine en extension. Du point de vue du cycle de l’eau enfin, le Vercors se caractérise par la dominance du karst et l’absence de glaciers, ce qui implique une forte vulnérabilité en termes de ressources en eau disponibles estivales, notamment dans une perspective de sècheresse accrue, de baisse du stock nival et de pression anthropique.

L’ensemble de ce territoire, incluant une grande partie des communes de piémont, est intégré dans le parc régional (créé en octobre 1970), qui s’étend sur 186000 hectares (dont 112500 ha de forêt de chênes, hêtres, pin, sapins et épicéas) répartis entre les départements de la Drôme et de l’Isère). Le coeur du parc est la Réserve Naturelle des Hauts Plateaux du Vercors (RNHP) zone très propice aux observations climatiques et environnementales qui s’étend sur 16600 hectares, dont environ 6000 ha d’espaces forestiers.

Alors que le Parc Régional a des altitudes comprises entre 200 et 2341 m (au Grand Veymont), les hauts plateaux de la Réserve ont une altitude moyenne de 1620 m. En dehors de quelques émergences, ils se caractérisent surtout par une sécheresse édaphique liée aux sols calcaires.

A l’échelle locale, la combinaison des influences pédologiques, climatiques et orographiques entraînent une grande diversité écologique , particulièrement à travers l’étagement de la végétation. Les principaux regroupements écologiques comprennent le niveau montagnard (900-1600 m) essentiellement forestier (hêtre, sapin, pin sylvestre), le niveau subalpin (1600- 2100 m) avec un mélange de pins à crochets et de pelouses et, enfin, le niveau alpin (au dessus de 2100 m) dépourvu de forêt mais peu représenté dans le Vercors. Mais le massif présente aussi un contraste entre les versants méridionaux aux caractéristiques floristiques méditerranéennes et les reliefs septentrionaux où la végétation subit d’autres influences, notamment atlantiques et alpines. Cette complexité explique en partie la rareté et l’endémisme de nombreuses espèces végétales, dont près d’une soixantaine sont protégées au niveau national ou régional.

La végétation de la RNHP présente une mosaïque de pelouses, de landes et de forêts. Les plateaux de moyenne altitude sont le domaine privilégié d’une forêt mixte de conifères et de feuillus (hêtraie-sapinière). Sans l’intervention de l’homme, les hauts plateaux seraient recouverts d’une forêt de pins à crochets et seules les plus hautes crêtes seraient occupées par la pelouse alpine. Le pâturage des troupeaux transhumants maintient ce milieu semiouvert car sinon, la forêt enregistre une phase de transgression sur les pelouses.

Les pratiques pastorales se modifient, en raison notamment de l’introduction de pratiques liées à la prévention contre les risques de prédation (Loup) et de l’évolution de la place de la phase pastorale au sein des systèmes utilisateurs.

Les plateaux de moyenne altitude sont le domaine privilégié d’une forêt mixte de conifères et de feuillus (hêtraie-sapinière) la connaissance de l’impact de la gestion forestière sur la biodiversité de ces peuplements forestiers est un des enjeux de recherche pour cette Zone Atelier Alpes.

Sur ce site, nous privilégions dans le cadre de la ZA Alpes deux questions de recherche interdisciplinaires :

A. Lien entre dynamique globale et dynamique régionale du climat, impact sur le cycle de l’eau, notamment le stock nival et les ressources en eau estivales. Cette question devra réunir les forces des climatologues, écologues et hydrologues.

B. Dynamiques des pelouses, des landes et de la pinède de Pin à crochets (Pinus uncinata L.) sous l’influence du pâturage ovin et des modifications de pratiques pastorales et des changements climatiques. Conséquences pour la biodiversité sur la Réserve Naturelle des Hauts Plateaux du Vercors. Cette question nécessitera un travail pluridisciplinaire entre écologies et agronomes compte tenu de la transformation des systèmes pastoraux utilisateurs des espaces de la RNHP et de l’évolution des pratiques pastorales.

Bases de données environnementales disponibles :

Données météorologiques :

  • Les chroniques issues du réseau Météo France (en dehors des données météorologiques, plus de 50 séries climatiques régionales disposant de plus de 60 ans d’enregistrement ont été vérifiées et validées) ;
  • Les mesures in situ à haute résolution temporelle provenant des 3 stations météorologiques complètes installées sur les Hauts Plateaux du Vercors (début des séries en 2004-2005), et incluant notamment des mesures de bilan d’énergie et d’enneigement ; ce dispositif est étoffé par plusieurs stations pluviométriques et de température installés sur des sites de micro-climat particulier (combes à froid, versants…)
  • Les réanalyses atmosphériques issues du NCEP (National Center for Environmental Prediction, Maryland) fournissant des données climatiques homogènes sur la période 1948-2006 (suivi de la dynamique et de la variabilité climatique aux échelles européenne et régionale) et les scénarios climatiques régionalisés produits par le CERFACS (Centre Européen de Recherche et de Formation Avancée en Calcul Scientifique) avec un modèle zoomé sur la France.

Données écologiques :

  • L’imagerie SPOT-4 (Végétation) pour l’étude de l’activité photosynthétique et de la couverture neigeuse (données journalières depuis avril 1998 et possèdent une résolution spatiale de 1 km, disponibles auprès du Joint Research Centre via le Flemish Institute for Technological Research) ;
  • L’imagerie NOAA pour l’étude de la variabilité photosynthétique régionale à l’échelle décennale (à partir des synthèses décadaires depuis 1984 avec une résolution kilométrique) ;
  • Des données de végétation depuis 20 ans (dispositif expérimental de 17 stations) : relevés linéaires de végétation, relevés exhaustifs de végétation, densité forestière ou distance aux semenciers, comptage des germinations de Pin à crochets, taux de survie des plantules installation, coupes de phytomasse ;
  • Carte des types physionomiques de végétation de l’ensemble de la réserve, images satellitales SPOT, photographies aériennes numérisées, charges animales, potentialités fourragères, pratiques pastorales.
  • Mesures dendrométriques et suivi du bois-mort sur un dispositif mis en place il y a 10 ans pour le suivi de la dynamique forestière en Pessière.
  • Mesures depuis 2006 des peuplements forestiers sur un dispositif ONF.